Politique monétaire : l’épargnant perd-il de l’argent ?

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Politique monétaire : l’épargnant perd-il de l’argent ?

« Les taux d’intérêt vont remonter ! »

 Voici ce que nous, Master Finances, entendons, depuis…2013. Or, dans les faits, ils n’ont jamais été aussi bas.

La Banque centrale européenne (BCE) a même récemment abaissé son taux de dépôt de -0,4% à -0,5%. Autre surprise, le programme d’achats d’obligations a redémarré. La BCE envisage de relancer son Quantitative Easing à hauteur de 20 milliards d’euros par mois pour une durée indéfinie et ce, à partir de novembre 2019. 

Francfort anticipe également de nouvelles baisses de taux et abandonne toute échéance pour les relever.

Il y a fort à parier que nous allons attendre encore un peu avant de constater une hausse des taux. 

Mais avec ces mesures, force est de constater que thésauriser revient à perdre de l’argent, notamment pour les épargnants.

A qui profite cette situation et que cherchent les banquiers centraux en adoptant cette politique ?

Taux de dépôt négatif, ça veut dire quoi ?

Le taux de dépôt rémunère les placements effectués par les établissements financiers auprès de la Banque centrale. Autrement dit, quand ces établissements enregistrent des excédents de trésorerie, ils peuvent les placer au guichet de la Banque centrale contre rémunération.

Cette opération était profitable jusqu’en juin 2014, date à laquelle le taux de rémunération des dépôts est passé en territoire négatif. L’objectif de cette mesure était de faire face à une croissance économique en berne et une inflation jugée trop faible.  La BCE voulait encourager les banques à prêter plus facilement aux différents acteurs économiques.

Et depuis 2014, ce taux n’a cessé de diminuer, passant de -0,10% à -0,50%. Naturellement, les banques préfèrent prêter leurs liquidités – même à des taux faibles – plutôt que de les placer auprès de la BCE…et perdre de l’argent. 

Taux négatifs : les épargnants perdent de l’argent ?

Favoriser une politique de redistribution des épargnants vers les emprunteurs permettrait de soutenir l’économie. En effet, l’investissement et la consommation étant favorisés, la croissance et l’inflation devraient en profiter.

Or, force est de constater que si les taux d’intérêt ont baissé autant, c’est parce que l’environnement économico-politique devient plus incertain. Et ces inquiétudes incitent les acteurs économiques à l’épargne de précaution.

Indirectement nous pouvons dire que la politique accommodante de la BCE, appauvrit les épargnants. Surtout dans le cas des produits « liquides » comme les Livrets A. 

Les taux négatifs peuvent également favoriser l’achat d’actifs réels au détriment d’actifs financiers, d’autant que les taux d’intérêt des prêts immobilier sont très accommodants ! Là encore, l’épargne n’est pas injectée dans l’investissement ou la consommation.

Enfin, notons qu’en Allemagne, la plupart des banques ponctionnent les dépôts de leurs clients. Cette répercussion sur les comptes à vue (surtout ceux des entreprises et des clients les plus aisés) a des effets pervers : l’argent thésaurisé perd de sa valeur !

J’ai de l’épargne à placer, que faire ?

La baisse des taux « sans risque » a une contrepartie majeure : la hausse des primes de risque ! Nous savons que plus un placement est risqué, plus il doit rapporter. 

Sur le marché euro, elle est d’environ 6,5% et 6% pour la France. Ce niveau est proche de la crise de la dette souveraine de 2012 ou des Subprimes de 2008. 

Est-ce une aubaine pour investir ? 

Le cycle économique actuel ne ressemble à aucun autre. Il est tout à fait possible que les primes de risques élevées deviennent, à l’image des taux d’intérêt bas, une nouvelle norme. Cependant il faut garder à l’esprit qu’investir sur les marchés actions comporte des risques de perte en capital.

Quoi qu’il en soit, de nombreuses solutions existent si vous souhaitez épargner.

Nous, Master Finances, pouvons vous proposer des solutions évolutives, en adéquation avec votre projet d’investissement. N’hésitez pas à nous contacter.

2019-10-23T12:02:49+01:00 3 octobre 2019|Investir, Investir - Défiscaliser, Vos questions patrimoniales|